Histoire, vérité et fiction
Le samedi 11 mars paraissait dans le devoir un texte de l'historienne Micheline Dumont qui critique la vague de romans historiques et les difficultés que ce genre peut poser. Ajoutant à la confusion le fait que des historiens écrivent maintenant des romans et que certaines maisons d'édition permettent des 'éléments de fiction' dans leurs biographies.
Elle met en évidence que les raisons qui poussent les romanciers à écrire de la fiction historique changent diamétralement d'une personne à l'autre (besoin d'évasion, volonté de faire connaître les personnages inconnus, donner le goût de l'histoire, etc.) et elle se demande si le lecteur est à même de différencier les volontés de chacun de ces romanciers.
Micheline Dumont met donc en évidence plusieurs problèmes: renseignements inexacts (tel Micheline Lachance qui dans Le roman de Julie Papineau confond les Dr Robert et Wolfred Nelson) et les anachronismes (tel que dans Mistouk, Gérard Bouchard parle d'une tante qui s'appelle Alberta et les enfants s'étonnent qu'elle porte le nom d'une province: «la scène se déroule quelques années avant la création de cette province»).
De façon plus pernicieuse, Micheline Dumont met en évidence que les romanciers ont tendance à prêter un outillage mental contemporain à des personnages historiques. Ainsi, des concepts comme le viol ou la vie de couple sont récents et ne peuvent pas faire partie de l'outillage mental d'un personnage du XVIIIe ou XIVe siècle.
Les questions sont multiples:
Est-ce que l'intention d'un romancier devrait être connue avant la lecture de l'oeuvre? Est-ce que l'intention importe sur la compréhension du message?
Devrait-il y avoir des cloisons claires entre fiction et histoire (entre documentaire et fiction, entre journalisme et entertainment, etc.)?
Est-ce que la promotion de l'histoire peut se faire à n'importe quel prix?
Nous sommes sur la fine ligne, la question de la 'vérité' nous pend au nez! Que peut-on en faire?
Article de base: Micheline Dumont, «L'histoire n'est pas une appellation contrôlée», Le Devoir
Elle met en évidence que les raisons qui poussent les romanciers à écrire de la fiction historique changent diamétralement d'une personne à l'autre (besoin d'évasion, volonté de faire connaître les personnages inconnus, donner le goût de l'histoire, etc.) et elle se demande si le lecteur est à même de différencier les volontés de chacun de ces romanciers.
Micheline Dumont met donc en évidence plusieurs problèmes: renseignements inexacts (tel Micheline Lachance qui dans Le roman de Julie Papineau confond les Dr Robert et Wolfred Nelson) et les anachronismes (tel que dans Mistouk, Gérard Bouchard parle d'une tante qui s'appelle Alberta et les enfants s'étonnent qu'elle porte le nom d'une province: «la scène se déroule quelques années avant la création de cette province»).
De façon plus pernicieuse, Micheline Dumont met en évidence que les romanciers ont tendance à prêter un outillage mental contemporain à des personnages historiques. Ainsi, des concepts comme le viol ou la vie de couple sont récents et ne peuvent pas faire partie de l'outillage mental d'un personnage du XVIIIe ou XIVe siècle.
Les questions sont multiples:
Est-ce que l'intention d'un romancier devrait être connue avant la lecture de l'oeuvre? Est-ce que l'intention importe sur la compréhension du message?
Devrait-il y avoir des cloisons claires entre fiction et histoire (entre documentaire et fiction, entre journalisme et entertainment, etc.)?
Est-ce que la promotion de l'histoire peut se faire à n'importe quel prix?
Nous sommes sur la fine ligne, la question de la 'vérité' nous pend au nez! Que peut-on en faire?
Article de base: Micheline Dumont, «L'histoire n'est pas une appellation contrôlée», Le Devoir

4 Comments:
At 11:16 PM,
Jonathan said…
Je ne crois pas qu'il y ait vraiment un si grand problème avec le prétendu "mélange des genres" qui est si à la mode. En fait, c'est comme pleins d'autres sujets à la mode: il n'y a rien de nouveau la dedans, mais on en fait tout un plat.
Roman historique, histoire romancée, fiction fictive, c'est n'importe quoi. On va me faire croire que même chez des auteurs aussi naturalistes ou réalistes (sachez qu'il existe une différence entre les deux et qu'elle est assez importante) que Zola la réalité n'était pas transformée par la fiction. Bien sûr la comparaison est un peu boiteuse, mais bon... La Bible, ensuite, est-ce qu'il ne s'agit pas du parfait exemple de mélange des genres où réalité et fiction ont été liées.
La question, à mon sens, n'est pas de chercehr à condamner un quelconque mélange des genres sous prétexte qu'il n'est pas comforme bla bla bla... Tout est mélange des genres et c'est pas nouveau. Il s'agit plutôt, pour une production quelconque, de ne pas se faire passer pour autre chose que ce qu'elle est!
C'est cela le véritable danger. QU'il y ait mélange des genres, j'en ai rien à faire. Là où j'ai un problème c'est lorsqu'on essaie de faire passer quelque chose pour ce qu'il n'est pas, parce qu'il y a un danger important d'induire les gens en erreur.
Filion et compagnie qui se font passer pour les seuls détenteurs de vérité parce qu'ils répètent en onde les rumeurs que tout le monde a entendu, mais qui ne sont pas vraie, ça ça me cause un problème. Tout comme une histoire romancée qui se fait passer pour la vérité m'en cause aussi.
Mais si on affiche clairement le véritable caractère d'une production, pourquoi alors s'insurger??
At 1:41 PM,
Catherine said…
Je suis bien d'accord avec toi.
Je suis toujours d'accord avec toi en fait, tu penses que c'est dangereux? T'es parleras à Jojo...
La suite de cette histoire de romans historiques plus tard: deux réponses à Mme Dumont sont parues ce matin dans le Devoir.
At 6:45 PM,
Jonathan said…
Jojo dit qu'en fait c'est louche les gens trop d'accord avec moi et que dans ce temps là je m'arrange pour dire une ou deux conneries pour provoquer un peu (est-ce que je serais influencé par la trash radio!?!!!)
Pour ceux qui comprennent pas écoutez Choq.fm sur le net le lundi à 3 heures pm! Toutes nos émissions sont archivées et vous pouvez les écouter quand vous voulez :)
At 3:00 PM,
Reppol Admin said…
Donc pour lire les réponses à Micheline Dumont (que je trouve un peu sans intérêt pour ma part), c'est le lundi 20 mars:
http://www.ledevoir.com/2006/03/20/104747.html
et
http://www.ledevoir.com/2006/03/20/104748.html
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